Journal de Bord - Team Asie - Semaine 3
- evocaterre
- 3 avr. 2017
- 4 min de lecture
Semaine 3 (24/03-31/03), depuis le Cambodge.

Vendredi 24 mars, nous avons rencontré M. Chandara Khun, chercheur et responsable de la publication des articles d'Open Development Cambodia (ODC). Open Development Cambodia est une ONG ayant développé en 2011 un site internet « Open Data » où de nombreuses données telles que des statistiques, des études ou encore des cartes interactives détaillées sur des sujets variés (économie, environnement) sont librement mis à disposition. (cf https://opendevelopmentcambodia.net/ ) Son objectif principal de promouvoir l'accès à une information en libre accès pour permettre aux Cambodgiens, et notamment les plus jeunes génération, de mieux connaître enjeux de leur pays. Cette démarche est une réponse au manque d'informations disponibles et à leur difficulté d'accès. ODC travaille également en collaboration avec de nombreuses organisations, universités et le gouvernement, en les accompagnant notamment lors de l'élaboration de leurs stratégies.
En fin d'après-midi, nous sommes partis découvrir Kampot dans le sud-ouest du pays, après environ 4h de bus. Hébergés dans des cabanes le long de la rivière du même nom, il fut agréable de quitter la frénésie de la capitable pour le calme et la sérénité de la province.
Le samedi, nous sommes partis découvrir les magnifiques massifs du Bokor en moto. L'ascension a duré une bonne heure, et nous regardions avec méfiance les premiers nuages gris qui se profilaient au sommet de la montagne. Nous avons profité de la verdure environnante ainsi que du relief, totalement différent de ce que nous avions vu pour le moment : le relief autour Phnom Penh et des alentours du Tonlé Sap est inexistant. La route était parfaite pour apprécier la végétation luxuriante alors même que nous sommes en pleine saison sèche.
Au sommet, nous avons pu visiter quelques bâtiments abandonnés datant de l'époque du protectorat français comme une église, l'ancienne maison du roi défunt, ou même un casino abandonné (aussi surprenant que cela puisse paraître!). Tout allait pour le mieux jusqu'à ce que nous amorcions la descente, moment ou de menançants nuages noirs ont recouvert le sommet, suivis rapidement par la pluie incessante... et enfin l'orage ! On peut dire que la descente fut très longue, et très (trop) humide. Les nostalgiques du froid ont pu apprécier ce moment... Nous avons eu droit à quelques (grosses) frayeurs avec la foudre qui s'est notamment abattue à une dizaine de mètres. Plus de peur que de mal, après une petite heure de conduite nous étions en bas de la montagne et la pluie s'était arrêtée ! Morale de l'histoire : toujours vérifier les conditions météorologiques avant de partir en montagne !

Remis de nos émotions le dimanche, nous avons profité d'être au calme pour nous reposer et travailler sur le film ainsi que prochaines rencontres... et notamment de profiter de l'eau de la rivière de Kampot pour se rafraîchir !
Le lundi matin, après quelques heures de route en bus, une petite heure de moto-taxi sur des chemins de terre, et une traversée de rivière en barque nous avons rejoint la communauté d'éco-tourisme de Chi Phat (cf http://www.chi-phat.org/ ), située dans les montagnes des Cardamomes. Elle a été créée par l'ONG Wildlife Alliance pour aider la communauté à vivre du tourisme et à préserver leur environnement naturel riche. Nous dormions chez une famille à environ 2km du centre du village. Nous avons profité de l'après-midi pour découvrir la communauté et ses habitants sous une chaleur imposante et humide. Après le repas du soir (vers 19h), nous avonsdirectement rejoins nos chambres pour lire puis dormir vers 21h.. en effet la lumière dans les chambres attirait les geckos et des insectes, que malgré la moustiquaire vous n'aimeriez pas avoir près de vous !
Le lendemain matin, pas besoin de réveil, les très nombreux coqs autour de nous s'en sont chargés de pleine joue dès le lever du soleil, soit à 5h30 du matin... et ce pendant une grosse demi-heure. Une fois levés, appréciant la fraîcheur matinale (un peu moins de 30°C), nous sommes partis au Visitor Center pour disposer d'une connexion internet pour travailler sur les interviews passées et à venir, et relancer nos contacts au Vietnam.
Après le déjeuner, nous avons participé à un cours de cuisine Khmer. Objectif du jour: préparer un Fish Amok, l'un des spécialités du pays. Nous espérions le ramener à la famille chez qui nous dormions, mais le mauvais décidément bien présent pour une saison sèche, nous a obligé à manger sur place. Mention honorable pour une première!

Le lendemain, nouveau réveil avec les coqs et départ à 8h pour rentrer à Phnom Penh autour de 14h, en vue d'être présent pour un rendez-vous le jour suivant. Les trajets en bus se suivent et ... se ressemblent! Entassés à exactement 21 dans un mini-bus d'une capacité nominale de 15 places, écoutant la musique pop/electro locale...les enceintes étant juste derrière nos têtes !
Jeudi, nous avions rendez-vous avec M. Seak Soly du Groupe Energies Renouvelables, Environnement et Solidarités (GERES), ONG française de développement spécialisée dans l'énergie durable et la protection de l'environnement. Cette ONG « agit depuis 40 ans pour l'amélioration des conditions de vie des populations et la préservation des ressources naturelles. », et compte une équipe de plus de 200 professionnels.

M. Seak Soly dirige le projet « Smart Agriculture » dont le but est d'augmenter la résilience des agriculteurs face au changement climatique. Avec différents partenaires que sont le Ministère de l'Agriculture, le CGIAR – CCAFS (rencontré précédemment), et des étudiants de la Royal University of Agriculture, ils suivent une méthodologie rigoureuse pour aider 37 villages situés dans 3 provinces différentes (Kampong Cham, Kampong Chnan et Kandal) : d'abord une évaluation préliminaire, une phase de formulation, une phase de test sur le terrain, et enfin l'élaboration d'un document technique permettant l'implémentation du projet à grande échelle par le gouvernement. Fait intéressant, un jeu de rôle participatif a notamment été utilisé avec les populations des villages concernés lors de la phase d'étude préalable. L'objectif était de modéliser l'environement du village et des alentours afin de mettre en évidence les changements survenus au cours des dernières années et de réfléchir à des solutions qui soient adaptées au contexte.
Grâce à une simple annonce sur les réseaux sociaux, nous avons rencontré Monyodom étudiant de 17 ans à Phnom Penh. Ce dernier, parfaitement bilingue, nous a bénévolement aidé à traduire des vidéos d'interviews que nous avions réalisées sur le Tonlé Sap. Merci!

La semaine suivante, direction Siem Reap pour des rencontres avec Malteser International et notre école partenaire !